• Dernière modification de la publication :30/04/2025
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L’usine – Louis Maunier (entre St Etienne et Lyon, 1959)

Rivière très humble sans le moindre reflet.
Trace vivante encore de boue et d’ombre.
Couleur de terre noire et grasse qui voudrait
S’endimancher de quelques pierres moins sombres.

L’usine abandonnée au gré des herbes hautes
L’herbe couchée qui se relève et ne sait pas pourquoi.
L’herbe fauchée qui sent fort une dernière fois.
L’usine condamnée par d’invisibles fautes.

Sous l’œil accusateur de ce carreau brisé.
Blessures. Trou noir cicatrisé de poussières
Sous le chaînon fragile des toiles d’araignée.
Vides inutiles. Tremblement de prière.

La rouille d’une porte qui ne s’ouvrira plus.
Sourire édenté de lézardes verticales.
Un mur qui ne croit plus en sa force toute nue
Où résonnait l’écho d’un vieux rythme infernal.

Rivière timide. Jour dans la nuit. Nuages.
Sourire qui s’efface sous un voile transparent.
Doigt de poussière qui traîne, sans âge,
Comme un cri qu’on écoute, emporté par le vent.

L’usine – Louis Maunier (entre St Etienne et Lyon, 1959)